Studio
2 de
l’Office
national du film
Dès 1949, on utilise
à l´Office national du film du Canada
(ONF) des magnétophones pour alléger le matériel
lors des tournages. À l´ONF,
l´expérimentation
de la synchronisation
entre la caméra et le magnétophone dans les années
1950
mènera au cinéma direct
un peu plus tard. Les microphones sans fil augmenteront
l´autonomie. Une
certaine tradition
britannique, amenée
par le fondateur John Grierson,
est présente dans les
premières
années de
l´ONF, notamment dans les secteurs
techniques. Le studio 2 de l´ONF est
construit en 1957 sur un plancher
flottant, pour
une insonorisation complète. Le
secteur
français de l’ONF a développé une approche du son
davantage
orientée vers
l´authenticité plutôt que vers la recherche
d´effets.
Conception
d´un studio flottant à l´ONF
(45´´) – Jackie Newell et Jean-Pierre Joutel,
enregistré en 2006
En
1967, le projet Labyrinthes
du
pavillon de l´Office national du film, lors de l'exposition
universelle à Montréal, propose des conceptions
acoustiques
innovatrices. Une certaine ambiophonie à
l´origine du procédé IMAX, avec une projection sur
des écrans atypiques, est réalisée à partir
d´un mixage
stéréophonique. Il était encore
courant de mixer en mono à l´époque. L´enregistrement multipiste est
arrivé dès
les années 1950 dans le monde du cinéma, à
Montréal et ailleurs. On utilise déjà 8 à
10
pistes en 1968.
Configuration
limitée des consoles analogiques à l´ONF à
la fin des
années 1960
(1´41´´) –
Jean-Pierre Joutel, enregistré en 2006
Technique
de mixage du temps des magnétophones à ruban à
l´ONF
(1´03´´) – Jean-Pierre
Joutel, enregistré en 2006
Fragilité
de la synchronisation avant l´ère numérique et
utilisation du multipiste dans
le monde du cinéma avant les studios de musique
(1´35´´) – Jean-Pierre
Joutel, enregistré en 2006
En
1976, la
recherche de l'autonomie entre la caméra et le
magnétophone pour la réalisation
des films exigée par le cinéma direct à
l´Office national du film du Canada a
amené l'invention d´un prototype du time code par
l´équipe technique de
l'ONF. Ce procédé de synchronisation du son à
l´image, fort utile dans les
studios de post-synchronisation, a été utilisé
pour le tournage du film
officiel des jeux olympiques de Montréal.
Le studio 2 dispose
actuellement d´une console Solid State Logic (SSL)
entièrement automatisée de
grande valeur, permettant d´enregistrer sur 200 pistes et de
rappeler les étapes précédentes à tout
moment. Des commandes permettent de mixer n´importe quel son
isolé et de le spatialiser avec précision dans la
diffusion 5.1.
Nouvelle
console SSL
numérique à l´ONF
(54´´) –
Jean-Pierre Joutel, enregistré en 2006
Console
avec près de 200 pistes permettant de rappeler des étapes
précédentes à l´ONF
(1´27´´) – Jean-Pierre
Joutel, enregistré en 2006
Collaborateurs :
À
la prise de son, Jos Champagne est un pionnier qui a inspiré
plusieurs professionnels du son, dont Marcel Carrière, Esther
Auger, Serge Beauchemin, Claude Beaugrand et Claude Hazanavicius.
Au
mixage, Michel
Descombes, ingénieur
du son devenu mixeur, a longtemps œuvré au studio, ainsi que
Louis Hone. Descombes a été formé
chez RCA au milieu des années 1960. Il
deviendra un des mixeurs de film parmi les plus respectés
à l´ONF, avec
Jean-Pierre Joutel.
Des musiciens invités ou en
résidence
à l´ONF ont beaucoup
expérimenté, notamment Alain Clavier et Yves Daoust de
l´atelier de création
sonore, et les doyens Maurice Blackburn, Eldon Rathburn et Normand
Roger.
Studio 6
Studio
six avec un 16 pistes et renommée du technicien Quentin Meek
(1´50´´) - Gilles
Valiquette, enregistré en 2006
Le studio 6
est un des bons studios
des années 1970. Il dispose
d´une console Neve.
Dès 1970, ce lieu offre à sa clientèle un
magnétophone huit pistes. Quelques bons
techniciens ont fait leur classe à cet endroit, dont Ian Terry
et Nelson
Vipond. Fondé par l´américain Chuck Grey, le
studio a élu domicile au 1180
rue Saint-Antoine et au coin de McGill College et Sainte-Catherine.
Proposant
d´abord à la fin des années 1960 un
équipement peu sophistiqué, le propriétaire
a investi pour acquérir une bonne console et un magnétophone 16 pistes.
C´était un excellent
technicien mais avec un intérêt moins prononcé pour
la réalisation musicale. Il
s´est spécialisé en dessin technique
d´équipement de studio et travaille
maintenant pour le studio mobile de Guy Charbonneau à Los
Angles. Quentin Meek,
son partenaire, possède des qualités de technicien et de
réalisateur. Les
Séguin, Gilles Valiquette,
Jacques Michel, Octobre et Harmonium profiteront de son savoir-faire.
Valiquette notamment prend un soin particulier à faire sonner
ses
enregistrements avec la même énergie rock que les
productions anglo-saxonnes.
Des essais de compressions et de relations des plans sonores sont faits
en
studio pour simuler les paramètres de diffusion de stations
radiophoniques rock
tel que CHOM.
L´album n´est plus pensé en fonction
d´une compilation de succès,
mais selon des concepts sonores, artistiques et graphiques qui font un
tout. C´est
l´âge d´or du 33 tours.
Studio 12 de
Radio-Canada (et anciens studios)

Studio
et régie de Radio-Canada, 1976
Modification
des studios à Radio-Canada et intégration d´une
acoustique
variable
(1´15´´) – Alain
Chénier, enregistré en 2006
Depuis
les années 1960, le secteur français de Radio-Canada
développe un service
d´enregistrement sonore avec des installations et des
équipements plus
professionnels. Avant ces années, les enregistrements
étaient faits davantage
dans un esprit de reportage. Les premiers disques de
Radio-Canada International sont enregistrés à
Toronto. Toutefois,
Radio-Canada a beaucoup appuyé les réalisations de
Select.
Avant les années
1970, des studios plus modestes ont été
aménagés pour la
musique, mais davantage dans un but de
diffusion pour la radio (sur le boulevard
René-Lévesque, près de l´hôtel
Sheraton) et la télévision (à
la Cité du
Havre). Le réalisateur André Clerk a
contribué à former plusieurs preneurs de son à
Radio-Canada, dont Jean-Pierre Loiselle. Une expertise en enregistrement en direct
sur les
lieux des concerts et en studio s´est développée.
Un des des
pionniers de
l'enregistrement de la musique classique au Québec est sans
aucun doute Gilles
Poirier, qui a travaillé à Radio-Canada et a monté
un catalogue inédit à partir
de 1978 (Société Nouvelle d'Enregistrement). Il a
enseigné la prise de son au
collège du Vieux-Montréal dès la naissance des
cégeps vers 1968. Les étudiants
avaient accès aux équipements et studios de Radio-Canada
à la Cité du Havre,
dont un magnétophone huit pistes.
Le
studio 12 original a été construit en 1973 en même
temps que la tour
de Radio-Canada à l´est du centre-ville de
Montréal. En 1997, le studio a été
fermé pendant 18 mois pour des rénovations majeures.
Avant les rénovations du
studio 12, un autre studio, le studio 13, a servi à
l´enregistrement de la
musique populaire qui requiert une acoustique neutre. Ce grand studio
a
bénéficié d´un investissement de 2.5
millions de dollars. Il est doté d´une
acoustique avec des panneaux à positions variables (modifiant la
réverbération de
0.5 à 1.7 seconde) et de murs irréguliers
éliminant les foyers de
réflexions des hautes fréquences. Le nouveau studio 12 a
gagné en polyvalence,
permettant d´enregistrer aussi bien un soliste qu´un
orchestre symphonique. La
console analogique et partiellement numérique de ce studio est
une Amek 9098
dessinée par Rupert Neve. Radio-Canada dispose d´un choix
impressionnant de
microphones acquis au fil des ans, dont certains microphones à
ruban des années
1950 particulièrement rares.
Acoustique
du studio 12 de Radio-Canada (1´00´´) –
Jean-Pierre Loiselle, enregistré en 2006
Description
de la console Amek à Radio-Canada
(1´12´´) – Jean-Pierre Loiselle, enregistré en
2006
Conservation
des micros à ruban à Radio-Canada
(1´07´´) – Jean-Pierre Loiselle, enregistré en
2006
Studio
270
  
Studio
270, 2006
Évolution
du studio 270
(1´45´´) –Robert Langlois, enregistré en 2006
Console analogique conçue
par un agent secret utilisée à la BBC et au studio 270
(2´00´´) – Robert Langlois, enregistré en 2006
Robert Langlois fonde le
studio 270 en 1986, dans un sous-sol à Outremont. D´abord
fréquenté par des artistes de
musique actuelle, ce studio acquiert une réputation enviable
auprès des musiciens privilégiant une démarche
expérimentale. Ce genre de studio
offre une alternative moins coûteuse, laissant aux musiciens le
temps et
l´occasion d´explorer. Les techniciens doivent faire preuve
d´ingéniosité. Depuis
le déménagement du studio dans un local plus spacieux sur
le Plateau
Mont-Royal, ce créneau se développe et attire les
artisans de la musique
alternative populaire et du jazz. L´acoustique soignée,
l´heureux mélange
d´équipement analogique et numérique, et
l´expérience de Robert Langlois et de
Bernard Grenon confèrent une personnalité particulière à ce
studio.
Combinaison
du monde analogique et numérique
(1´45´´) – Bernard Grenon et Robert Langlois,
enregistré en 2006
Studio
communautaire du collectif Ondes de
choc
et
Studio du Sonographe
Entre 1975 et 1990, des
regroupements de musiciens tels que Conventum, Ambiances
magnétiques, le
Sonographe (branche du Vidéographe) et Lunatic Asylum / Ondes de
choc ont uni
leurs forces afin de démocratiser l´accès aux
studios et d´enregistrer des
musiques plus spécialisées. Certains, tels Lunatic Asylum
et le Sonographe,
fonctionnent à la manière d'un studio communautaire,
enregistrant des artistes
émergents de la scène alternative, dont Michel Faubert,
Marie Savard et Camel
Clutch. Le
catalogue du Sonographe contient des oeuvres de musique traditionnelle,
de contes, de poésies, de chanson et de jazz. Le réseau
de distribution des productions de ces studios étant alternatif,
le format cassette est privilégié.
Ce
phénomène a vu le jour en musique alternative et en
musique actuelle. La
philosophie du «Do It Yourself» a influencé
l'avènement de l'autoproduction, de l'enregistrement à
la mise en marché.
À Montréal, cette attitude de
responsabilisation du milieu de la musique
alternative a d'abord été adoptée dans le milieu
anglophone, en 1976 environ,
puis cinq ans plus tard dans le milieu francophone. Le matériel d'occasion plus abordable, favorise
l´émergence de plusieurs studios
indépendants ainsi qu´une bonne accessibilité
des studios.
Cette
attitude de responsabilisation du milieu de la musique alternative a
été adoptée
à Montréal d'abord dans le milieu
anglophone en 1976 environ, puis 5 ans plus tard dans le milieu
francophone. Le
matériel d'occasion étant plus abordable, cela favorise
l´émergence de
plusieurs studios indépendants à Montréal ainsi
qu´une bonne accessibilité des
studios.
Historique
des magnétophones multipistes abordables pour les studios
indépendants
(1´53´´) – Robert
Langlois, enregistré en 2006
Le
fonds relatant des activités de
production de l'atelier de création
sonore du Vidéographe, appelé le Sonographe, est conservé à la
Phonothèque québécoise. Jean-Jacques Leduc, cinéaste et membre fondateur
du Sonographe, a agi à titre de preneur de son. Cet
atelier, qui fait figure de précurseur, a été en
opération dans les années 1970 et 1980.
Studio
d´André Perry à Morin Heights et celui à
Montréal (Son Québec)
Début
fulgurant d´André Perry et première mondiale
(1´20´´) – Ian Terry, enregistré en 2006
Studio
d´André Perry à Brossard et description de sa
première console
(2´12´´) – David P. Leonard, enregistré en 2006
Historique
des studios d´André
Perry :
Au
début des années 1970, André
Perry, délaissant son
sous-sol
de banlieue à
Brossard, inaugure le
studio Son Québec
(parfois appelé
l´Église)
dans une église près du carré
Amherst. En 1970, à
Brossard, il dispose
déjà
d´un magnétophone 16
pistes, utilisé pour enregistrer le groupe canadien The Bells.
Il a
travaillé
brièvement pour RCA en début de carrière. Son
approche est plus systématique
que celle de la concurrence, privilégiant une console de grande
qualité. Lui-même
batteur de jazz, il comprend bien les besoins des musiciens. Homme
d´affaires
avisé,
persuasif et animé, brillant gestionnaire et visionnaire, il a
réussi à bâtir
un petit empire, grâce à la publicité et à
la notoriété que lui apporte
l´enregistrement qu´il fait avec John Lennon, lors du
bed-in avec Yoko Ono en
1969 à Montréal. Selon une entrevue accordée
à la revue Beatlology Magazine (par Andrew Croft) en 2001, Perry raconte
qu´il a utilisé pour cette session un simple
magnétophone Ampex quatre pistes loué chez RCA,
avec
quatre microphones. Son propre équipement était
utilisé à la Place des arts pour l´opéra
rock Tommy. Un magnétophone huit pistes a toutefois
été utilisé en post-production.
Habitant au-dessus
de son studio, il
voit à tout. Omniprésent
dans toutes les étapes de production, il engage les meilleurs
techniciens,
assurant un contrôle serré de la qualité. L´aide
de sa conjointe, Yael Brandeis, a été
déterminante. Il a
établi des normes de niveau
international, ce qui a inspiré les grands studios
montréalais, dont Tempo,
Piccolo, Marko, Victor et plusieurs autres. En quelques années
d´opération, il
a acquis des équipements de studio qui non seulement rivalisent
avec ceux
utilisés chez la multinationale RCA, mais devancent tous les
compétiteurs. C´est
le premier studio au monde à disposer, à
partir de 1972, de deux
magnétophones 16 pistes synchronisés à partir
d´un contrôleur. Deux pistes
étant réservées à la synchronisation, les
musiciens disposent ainsi de 30 pistes.
En 1970,
la p arution
de l´album Jaune de Jean-Pierre Ferland marque un
tournant dans
l’histoire de la chanson au Québec, par la qualité des
arrangements et de la
production artistique. Galvanisé par les Beatles et Robert
Charlebois, le
chansonnier s´entoure du musicien Michel Robidoux et du
réalisateur André Perry
pour concocter un album-concept. Premier disque au Québec
à avoir été fait avec
un magnétophone 16 pistes, il a été
réalisé en huit ou neuf mois. Auparavant, la
réalisation d'un disque au Québec s'effectuait en
quelques heures, ou au plus,
quelques jours.
Le
studio de Perry sur Amherst ne disposait pas d´une acoustique
aussi
soignée que celle du studio Tempo, ce
qu´il corrigera avec le studio
de Morin Heights, en 1974. Ce perfectionniste décide
de s’installer
en région rurale afin de minimiser les coûts
d’insonorisation, préférant plutôt investir
dans l´équipement et dans la qualité
acoustique de la salle
d´enregistrement. Ce qui le motive aussi, c´est
d´offrir aux musiciens un climat de travail agréable et
naturel. La première console est une Trident.
Ensuite, Perry acquiert
une console Solid State Logic (SSL) de grande valeur, la
première au Canada et
possiblement en Amérique du Nord. L´Office national du
film à Montréal en
possède une. Son service à la clientèle, son sens
des affaires, et sa propension à prévenir les
problèmes techniques grâce à un entretien
méthodique des équipements, lui permettent
d´attirer les plus grands noms de la musique populaire anglo-saxonne.
Acquisition
d´une console SSL et vision de Perry au moment de monter son
studio à Morin Heights (1´39´´) –
David
P. Leonard, enregistré en 2006
Normes de
qualité du service et de maintenance chez Perry
(1´26´´) – David P. Leonard, enregistré en 2006
Vers 1980, Perry acquiert l'une des
premières console de
mixage automatique avec 48 pistes, afin de répondre aux
exigences élevées des
clients tels David Bowie, Cat Stevens, The Police… Daniel Lanois suivra
ses
traces. Au milieu des années 1980, le studio de Perry devint
aussi un complexe
de production vidéo et de post-production de films, tendance qui
sera suivi par
plusieurs grands studios de Montréal.
En 1991, Marko
acquiert l´ancien studio d´André
Perry à Montréal (Son Québec)
sur Amherst.
Collaborateurs :
Plusieurs
ingénieurs
du son
montréalais renommés ont travaillé chez
Perry. Michel Éthier a été le
premier québécois à recevoir un Juno. Il a
travaillé chez RCA, chez Perry et
chez Tempo, développant une réputation de rapidité
et d´efficacité. Michel
Lachance est un des premiers preneurs de son engagé par
André Perry dans son
premier studio. Il a aussi travaillé chez Stereo Sound.
Doté d´une grande
sensibilité musicale, il est devenu chef ingénieur pour
le studio Tempo, puis
réalisateur. Il a concocté pendant plus d´un an
l´un des albums les plus
peaufinés de l´histoire du disque au Québec,
l´Heptade d´Harmonium.
Ian
Terry a été engagé par André Perry pour
transférer ses équipements de Brossard
à l´Église. Par la suite, il a été
assistant de Michel Lachance au même studio.
Il s´est joint à l´équipe de Tempo. Il
a enregistré et
réalisé
plusieurs albums de musiciens d´ici. D´origine britannique,
Paul Northfield a
travaillé pour André
Perry à Brossard et à l´Église. Nick Blagona a travaillé à
Morin Heights, notamment pour The Police.
Studio
de Herbert Berliner
Voir Studios
de RCA Victor
Le
père d´Herbert Berliner, Emile (inventeur du disque plat
notamment), s’installe à Montréal en
1899, sur la rue de l’Aqueduc (Lucien
L’Allier). L’usine dispose à ses débuts d’un
équipement minimal, constitué de
quelques presses de disques. Cette entreprise commercialise en 1900 les
premiers enregistrements sur disque fabriqués au Canada, dont le
diamètre est
de 18 cm (7 po). Les activités de
pressage et de distribution étant florissantes, l’usine de
Montréal prend un
essor dès 1903, avec l’apparition de la Victor Talking Machine.
En 1903, le premier studio
d’enregistrement ouvre ses portes à Montréal sur la
rue Peel, sous
l’initiative d’Herbert Berliner, fils d’Emile
Berliner. L’aventure dure un an. Les
premiers artistes
enregistrés à Montréal
sont d’origine française : Henri Cartal et Fertinel, de
l’école du
vaudeville (répertoire grivois). L. Loiseau et Joseph Saucier
furent parmi les
premiers artistes québécois à enregistrer des
disques, notamment La
Marseillaise, enregistrement entièrement fait au Canada, en
1904. La
plupart des artistes canadiens enregistraient à
l’extérieur
du pays, dont Emma
Albani et Henry Burr. Ces interprètes se devaient
d’être
polyvalents : folklore, opérette, musique de salon, chant
patriotique,
musique sacrée, romances.
Devant
les succès de la petite entreprise de Berliner à
Montréal, une compagnie est
constituée en 1904 : la Berliner Gramophone Company of Canada. Il s’agit en
fait d’une nouvelle charte de la même
compagnie. Herbert
Berliner
devint un des actionnaires. La
Berliner Gramophone Company of Canada achète en 1906 un terrain
au coin
des rues Lenoir
et Saint-Antoine, dans le but de construire une nouvelle usine. Le
rythme
de croissance est impressionnant. En
1914, la
Berliner Gramophone Company of Canada engage 150 employés
à Montréal. La
compagnie domine le marché canadien de l’industrie du disque. Sa
production
d’appareils et de produits en 1917 augmentera de 217%, ne suffisant
plus à la
demande.
Herbert
Berliner crée en 1916 une série sur l’étiquette
His
Master’s Voice. Celle-ci est
consacrée aux
artistes canadien-français dont Hector Pellerin, Paul Dufault,
le professeur
Ladébauche, Henri Prieur, André Descart, José
Delaquerrière, Arthur- Joseph
Boulay et Charles Dalberty. De la musique instrumentale, classique et
populaire,
est aussi publiée : Henri Miro, Raoul Duquette, Albert
Chamberland, Willie
Eckstein, Harry Thomas et l’ensemble de Montréal Venetian
Garden. Herbert
Berliner aurait même enregistré George Gershwin, jeune
pianiste substitut
appelé alors Lew Gershwin.
Herbert
Berliner fonde la Compo Company en 1918 à Lachine, afin de
presser les
disques des
concurrents faisant affaire à Montréal. Une
première entente est conclue avec
Phonola (première
compagnie de disques canadienne devenue allemande). Puis,
dès 1919, un accord est signé avec Gennett de la
compagnie Starr Piano
Company. Plus tard,
les
compagnies Banner,
Regal, Domino, Crown, Royal, Sterling, Melotone, Lucky Strike,
Brunswick et
Decca feront presser leurs disques chez Compo. L’enregistrement des
matrices
était réalisé à l’étranger, mais
parfois à Montréal. Compo
produit ses propres disques Apex, Radia-Tone, Sun, et à partir
de 1923, des disques de jazz
pour
le marché noir américain de marque Ajax. Certains disques 78 tours gravés
à Montréal
comportaient environ 20% plus de sillons, préfigurant de
façon modeste le
disque à plus longue durée.
Roméo
Beaudry,
directeur
de la section française de la Starr Company of Canada, qui
produit le plus
grand nombre de disques québécois en 1924, octroie à Herbert
Berliner, en 1919, le
contrat de pressage de
toute
la production de disques Gennett à partir de matrices faites aux
États-Unis. En 1920, Beaudry poursuit des
activités de producteur
pour
l´étiquette Gennett sur le
boulevard Saint-Laurent à Montréal. Il
enregistre au studio d'enregistrement d'Herbert Berliner plusieurs
artistes
dont Hector Pellerin, Isidore Soucy, Ovila Légaré,
Alexandre Desmarteaux et
surtout Mary Travers, connue sous le nom de La Bolduc.
Dès 1921,
Herbert
Berliner fait concurrence à son frère Edgar. Il lui ravit les
meilleurs
professionnels et les engage chez Compo, dont Henri Miro, directeur
musical, Elmer
Avery,
ingénieur du son et Walter B. Rogers, compositeur et
ingénieur du son de la
Victor. Cette nouvelle équipe dispose
d´un studio d'enregistrement sur la
rue Metcalfe. C´est
dans ce studio que seront
enregistrés les
nouveaux disques Starr pour
le
marché
local.
Herbert
Berliner baisse les prix de
ses disques
Apex depuis quelques temps, ce qui est un des facteurs, mais pas le
seul, poussant son
frère Edgar
à vendre la nouvelle
usine Berliner et
sa
filiale His
Master’s Voice à la
compagnie Victor
Talking Machine en 1924; Edgar Berliner
en acquiert une part
importante et devient président. 50 % des parts
appartenaient déjà à la Victor, ce qui laisse
à penser qu'il y a
d'autres raisons à cette vente.
La
même année, Herbert
Berliner fonde la maison de disque Sun à Toronto, appelée
plus tard Apex. L'instauration d'une industrie canadienne du disque
encourage la réalisation de quelques
nouveaux enregistrements à Montréal
et à
Toronto.
Avant
qu’Herbert Berliner ne fonde Compo, la compagnie Victor n´apprécie
guère l’essor
des disques canadiens, au détriment de ceux pressés aux
États-Unis. Herbert
Berliner s’associe avec la Starr et
d’autres petites compagnies pour contrer l’attitude de monopole de la
Victor.
Celle-ci perd ses procès. Les revendeurs
bénéficient d’une liberté
d’approvisionnement et de fixation des prix. Herbert
Berliner et Roméo Beaudry publient près de 100
enregistrements d’artistes
francophones en 1927, 10 fois plus que son concurrent Victor-HMV.
Beaudry
adapte en français des succès américains, pratique
qui traversera le siècle.
Emile
Berliner meurt à Washington en 1929. Il était
également inventeur des tuiles acoustiques pour
amortir le son des salles et des studios trop
réverbérants.
John
Bradley, successivement preneur de son au studio Layton Brothers en 1948 et responsable
du matriçage
(mastering) chez
Compo à Lachine puis chez London à Montréal, a
travaillé
auparavant pour les fils de Berliner dans les années 1930.
En 1951, Herbert
Berliner vend Compo à Decca. C´est la fin d´une
époque.
Studio
de l´Institut Trebas à
Montréal
 
Studio de
l'Institut Trebas,
2006 David
P.
Leonard et Nelson Vipond, ingénieur du son et professeur
Conception
acoustique des studios Saint-Charles et Trebas
(55´´) – David P.
Leonard, enregistré en 2006
David
P. Leonard, directeur de l´Institut
Trebas, a connu
diverses expériences dans le milieu. Il a mis sur pied un petit
studio (Leonard studio)
au
début des années 1960. Il a travaillé à New York dans l´un
des premiers studios où l´enregistrement multipiste est
utilisé de façon
professionnelle.
Il sera le premier à
importer cette technologie au Canada.
En 1979, l´Institut
Trebas est fondé. Quelques collèges de cette entreprise
apparaissent au Canada. Longtemps installé
au Vieux-Montréal, le collège, maintenant sur la rue
Sherbrooke, dispose d´un studio conçu par
l´acousticien Serge Melançon, qui a travaillé au
Lincoln Center et aussi conçu le studio Saint-Charles. Le studio
est prioritairement utilisé pour les activités
pédagogiques. Le programme vise
à former des jeunes voulant
acquérir les outils pour oeuvrer dans le
milieu du son (en musique, cinéma et multimédia).
Nelson
Vipond, qui a travaillé notamment au Studio 6, y enseigne. Émile
Lépine, graveur, a aussi enseigné
ce métier chez
Trebas.

Studio de
l´Université McGill
Dans les années 1980, des
collèges techniques consacrés à
l´enseignement des métiers reliés à
l´enregistrement sonore, tels que
Trebas et MusiTechnic apparaissent
à
Montréal. D´autres cégeps emboîteront le pas.
Le premier programme de maîtrise
en enregistrement sonore au Canada est créé à
l'Université McGill. La compagnie
réputée de microphone Bruël & Koer (acquise par
Danish Pro Audio) a acheté
un principe développé à l'Université
McGill. Il s´agit
de réflecteurs en forme de balle
mis au bout des microphones qui, selon le diamètre, accentue une
bande de
fréquences donnée. La formation à cette
université met l´accent sur
l´expérimentation, la formation auditive (dont un cours de
solfège des timbres
conçu par René Quesnel) et les connaissances techniques.
Les studios des facultés
de musique ne servent pas qu´à enregistrer les musiciens
en jazz et en musique
classique. Certains groupes de la musique alternative
montréalaise font des
enregistrements dans les périodes non utilisées, ce qui
permet à l´équipe
technique et aux musiciens d´expérimenter à peu de
frais le travail en studio.
Johanne Goyette, responsable de la maison de musique classique ATMA, a
eu sa
formation en prise de son à l'Université McGill. Brad
Michael fut son mentor.
La prise de son acoustique demande intuition, sens analytique, oreille
artistique, dosage entre le son direct (intelligibilité) et le
son réverbérant
(ambiance) et concentration. Ce type de prise est privilégie non
seulement en
musique classique mais aussi parfois en jazz, folk et chanson
intimiste. Carl Talbot,
ingénieur du son pour Analekta notamment, a aussi
étudié à
l´Université McGill, de même que les trois associés
du studio Saint-Urbain, dont le doyen André
White qui y a enseigné.
Cours
de solfège timbral et de distinction des acoustiques
à
l´Université McGill
– (1´00´´) –
Hendrick Hassert et Paul
Johnston,
enregistré en 2006
Réflecteurs
vissés à des microphones pour équilibrer
naturellement les
divers registres de fréquences
(1´04´´)
– Jean-Pierre Loiselle, enregistré en 2006
Studio du collège
MusiTechnic
 
Laboratoires du collège
MusiTechnic, 2006
Prémisses
à la fondation du collège Musitechnic
(59´´) - Gilles Valiquette, enregistré en 2006
Premier
studio avec une intégration systématique de
l´informatique à Montréal
(1´58´´) - Gilles Valiquette, enregistré en
2006
Gilles
Valiquette innove en
concert et en studio, en utilisant des technologies à la fine
pointe à l´époque. Ces
expériences amèneront Valiquette à fonder le
premier studio avec une intégration
systématique de l´informatique au
Québec. Quand l´industrie
locale a compris le potentiel de ces nouveaux outils, Valiquette
a
troqué ses fonctions de propriétaire de studio pour
celles de consultant en
informatique musicale, puis de concepteur d´un programme de
formation dans le
domaine, embryon du collège MusiTechnic. Ce collège est
fondé en 1987.
Installé sur le
boulevard de Maisonneuve, le collège
dispose d´un studio conçu pour le mixage en 5.1. Le studio
est
prioritairement utilisé pour les activités
pédagogiques. La clientèle des débuts était
surtout constituée de professionnels et de musiciens voulant se
perfectionner. Maintenant, la clientèle se
compose de jeunes voulant acquérir les outils pour oeuvrer dans
le milieu du son (en musique, cinéma et multimédia).
Studio Karisma
Le studio Karisma est
fondé vers 1989 par Stéphane Morency, sonorisateur
expérimenté anciennement du studio
Pélo, et par
Marcel Gouin, du studio installé au Spectrum. Auparavant, ce
studio fut une salle de répétition. Les
rénovations se sont succédées. Comme dans le cas
de plusieurs
studios renommés, plusieurs tests sont faits
périodiquement pour améliorer les
constituantes de la chaîne d´enregistrement :
conductivité des câbles,
taux d´échantillonnage et résolution de plus en
plus élevé, atteignant 384K en
24 bits, amélioration de l´acoustique, emplacement
des micros dans la
salle d´enregistrement et des sources dans la salle de
matriçage (mastering).
Des nouveaux services émergent pour contrer
l´arrivée des studios domestiques :
une salle de matriçage avec des équipements
de pointe, est
ouverte aux musiciens, afin de compléter et
d´améliorer une session amorcée
ailleurs. Karisma offre
désormais quatre studios à sa
clientèle.
Description
des équipements pour la nouvelle salle de matriçage
(mastering) chez Karisma
(49´´) – Stéphane
Morency, enregistré en 2006
Studio
La
Majeure
Au milieu des années 1980, le
studio d'André Perry devint
aussi un complexe
de production vidéo et de post-production de films, tendance qui
sera suivi par
plusieurs grands studios de Montréal. Le Studio
La Majeure au centre-ville de Montréal, opéré par
le preneur de son Luc
Fontaine, s´est spécialisé dans ce créneau,
délaissant les productions musicales
Studio Layton
À la fin des
années 1940, le
studio Layton Brothers, au 1170 de la rue Sainte-Catherine Ouest, offre
aux
musiciens l'alternative
moins
coûteuse de graver les
enregistrements directement sur le disque.
L´ingénieur de ce
studio, John Bradley, devient responsable du matriçage
(mastering) chez
Compo à Lachine puis chez London à Montréal. Il
acquiert à New York un magnétophone Ampex, en
même temps que Jean-Marc Audet.
Bradley avait travaillé
auparavant pour les fils de Berliner dans les années 1930.
La maison Layton existe encore. On y vend du matériel audio.
Studio
Leonard
Historique
du studio Leonard et renouveau des productions anglophones au
Québec
(1´15´´) – David P.
Leonard, enregistré en 2006
Au
début des années 1960, David
P. Leonard, directeur de l´institut Trebas, ouvre un petit studio
(Leonard studio)
avec un magnétophone Ampex
acheté à New York, offrant
une alternative moins coûteuse aux musiciens, avec un
équipement moins
professionnel que celui des grands studios. Il a aussi fondé
l´étiquette Monticana,
tout en enregistrant parfois pour London, RCA et Columbia, des
productions de
moindre envergure d´une facture plus risquée. Avec
l´exemple de la compagnie
Sun, les multinationales s´aperçoivent qu´il est
parfois rentable d´enregistrer
à l´extérieur de leurs grands studios. David P.
Leonard travaille dans un des
premiers studios à New York où l´enregistrement
multipiste est utilisé de façon
professionnelle (magnétophone de trois ou quatre pistes). Il
sera aussi
le
premier à
importer cette technologie au
Canada. Les studios
indépendants
émergent pour répondre à
une approche plus personnalisée et innovatrice.
Studio Marko
Voir Studios
de
RCA Victor
 
Studio Marko, 2006
Jean-Marc
Audet, ancien employé de CKAC, fonde en 1948 le studio Marko, au
coin de Sainte-Catherine et de la Montagne. L´endroit peut accueillir
un orchestre. Auparavant, Audet opérait avec un studio mobile. Il s´était
procuré un des
premiers magnétophones à Montréal. Il s´est
spécialisé par
la suite dans les
enregistrements de publicité.
Méthode
d´enregistrement en direct des publicités radiophoniques
chez Marko
(54´´)
– Martin Cazes,
enregistré en 2006
Marko est déménagé ensuite
sur la rue La Gauchetière en 1967, dans un des premiers studios
privés à
bénéficier d´un immeuble conçu spécifiquement pour
l´enregistrement (insonorisation intégrale
des bruits de l´extérieur et bonne acoustique à
l´intérieur). RCA, devant
répondre à des besoins grandissants, avait
antérieurement construit ce
studio selon
ses normes (les plans étaient reproduits un peu partout dans le
monde). Des
conques convexes, similaires à celles du studio Victor, sont
encore présentes.
Félix Leclerc
a enregistré chez
Marko un de ses premiers
disques, Le P´tit
train du Nord. Les grands studios tels que
Marko, Stereo Sound
et RCA possédent des chambres d´écho naturelles et
des graveurs de disques onéreux. Les
petits studios doivent accomplir la post-production chez ces grands
joueurs ou
chez Sound Scription Service.
Au milieu des années 1980, Marko se
lance dans la
production vidéo et la post-production de films. Serge
Lacroix, chef ingénieur du son au studio Marko, acquiert en 1986 environ le
premier système
numérique d´enregistrement fonctionnel à
Montréal, soit le système Opus huit pistes qui se
vendait environ 250,000$ à l´époque.
Changement
de vocation de quelques grands studios à Montréal
(1´41´´) – Martin
Cazes, enregistré en 2006
Acquisition
du système numérique Opus chez Marko
(34´´)
– Martin Cazes, enregistré en 2006
En 1991, Hans
Peter Strobl, mixeur et ingénieur du son au studio Marko, a
intégré un nouveau
système de montage sonore et de post-production pour le
cinéma pour remplacer
l´ancien système analogique et le travail sur ruban. Le
montage sur vidéo et le
système numérique appliqué intégralement
plus tard ont grandement amélioré les
services en terme de rapidité et de flexibilité. Pour
offrir ces nouveaux
services, Marko a acquis l´ancien studio d´André
Perry à Montréal (Son Québec)
sur Amherst.
Studio Piccolo
Studio Piccolo,
années 2000
Historique
des équipements au studio Piccolo
(1´04´´) – Dominique Messier, enregistré en
2006
Le studio Piccolo est créé
en 1975. Comme plusieurs indépendants, l´entreprise
commence
avec un
magnétophone quatre pistes, puis acquiert des équipements
de
plus
en plus professionnels.
L´enregistrement 24 pistes est répandu dans les grands
studios. Il en coûte
entre 45,000$ et 70,000$ à l´époque pour
acquérir ce magnétophone qui deviendra
accessible aux petits studios plus tard. De nouvelles compagnies
offrent des
consoles et magnétophones à prix plus accessibles,
permettant
l´émergence de studios
indépendants. L´investissement est encore
élevé, soit quelques centaines de
milliers de dollars. Le tarif demandé aux musiciens est
évalué en conséquence, oscillant
entre 100 et 250$ de l´heure. Les meilleurs studios se
développeront pour
enfin se convertir à la technologie numérique et
atteindre parfois des offres
de services de niveau international.

Studio Piccolo,
années 2000
Les plus grands
studios offrent
de grandes salles
avec une acoustique de grande qualité. Piccolo fait partie
de cette catégorie, avec ses cinq studios, en plus des services
de studio mobile.
Studio Saint-Charles
Conception
acoustique des studios Saint-Charles et Trebas
(55´´) – David P.
Leonard, enregistré en 2006
Dans les années 1970, les
studios indépendants émergent, devenant de plus en plus
professionnels
et compétitifs.
L´acousticien Serge Melançon, qui a travaillé au
Lincoln Center, a conçu le
studio Saint-Charles, en banlieue de Montréal (Longueuil). Ce
studio fondé par
le preneur de son Pierre Tessier, jouit d´un bon
équipement et d´une bonne
acoustique naturelle. Plusieurs enregistrements de l´âge
d´or de la chanson
québécoise ont été enregistrés
à ce grand studio qui peut accueillir plus de 40
musiciens. Plusieurs expérimentations ont également
été
menées à cet endroit. Pierre Tessier
a
œuvré auparavant chez Stereo Sound.
Studio
Saint-Urbain
Type
de prise de son selon le contexte et appréciation de
l´ambiance acoutique
naturelle
(1´12´´) – Hendrick Hassert, enregistré en 2006
Transformation
du rôle de la console
et prédominance du rôle de l´ordinateur et des
convertisseurs –
(1´10´´) – Hendrick Hassert, enregistré en 2006
Avec l´arrivée des studios de
réalisateurs, sans espace consacré à
l´enregistrement sonore, et des studios domestiques de
musiciens, suite à la
démocratisation des équipements, les studios
s´adaptent. Ils offrent des espaces avec une acoustique de bonne
qualité, des
services de postproduction et de matriçage (mastering),
et des techniciens
qualifiés. Le studio Saint-Urbain, ouvert en 2004, suit cette
logique. Il compte sur la formation à l´Université
McGill de ses trois
associés, dont le doyen André
White, qui y a enseigné, et sur leurs sensibilités de
musiciens à l´écoute des
besoins des clients. White est un batteur de jazz qui a joué
avec Sonny
Greenwich. Le rôle du preneur de son en musique
spécialisée change radicalement
avec l´émergence des productions indépendantes
gérées par les musiciens
eux-mêmes : le technicien suggère et conseille
plutôt que d´imposer. Ce studio vise une
clientèle de musiciens cherchant une acoustique et des
conseillers de premier ordre.
Studio Stereo Sound
Ambiance
de travail et équipement au studio
Stereo Sound (45´´) - Gilles
Valiquette, enregistré en 2006
Dans les années 1960, le studio Stereo
Sound, situé dans le quartier
Côte-des-Neiges au pied de la montagne, est une des rares
alternatives valables à la multinationale RCA. À l´instar
de RCA, ce grand
studio possède aussi des
chambres d´écho. Il y règne une ambiance
stimulante qui fait cruellement défaut au studio RCA. En 1967, ce studio est
équipé d´un magnétophone quatre pistes.
L´ingénieur du son Gatien Roy a fait beaucoup
d´enregistrements
d´artistes populaires dans ces années. Pierre Tessier a
œuvré chez Stereo Sound, pour fonder par la suite
le studio Saint-Charles. Michel
Lachance a aussi travaillé chez Stereo Sound. Il est devenu chef
ingénieur pour
le studio Tempo, puis
réalisateur (notamment de l´album l´Heptade d´Harmonium). Paul-Émile Mongeau,
anciennement du studio Stereo Sound, sera en charge de la gravure et du
matriçage (mastering) chez London en 1955.
Studio Tempo
Détermination
de nouveaux standards de qualité à Montréal avec
le studio Tempo et celui de Perry (1´02´´)
–
Ian Terry, enregistré en 2006
Traitement
acoustique d´avant-garde au studio Tempo selon les plans du
studio Record Plant à NY (1´16´´) –
Ian
Terry, enregistré en 2006
Historique du studio :
Ce
studio ouvre ses portes en 1972 sur McGill College, au centre-ville.
Fermé depuis quelques années, c´est un des rares
studios montréalais à opérer pendant 30 ans. Au
début, trois
magnétophones sont fonctionnels : un 4 pistes, un 8 pistes
et un 16
pistes. Copie exacte du studio Record Plant à New York, les
plans ont été
achetés de Tom Headly, concepteur et acousticien pour les
studios Westlake.
Studio
Tempo selon les normes de la compagnies Wetslake
(59´´) - Gilles Valiquette, enregistré en 2006
Ce
nouvel établissement jouit d´une acoustique bien
pensée et d´équipements
normalisés (console préfabriquée) qui ont fait
leurs
preuves ailleurs dans le
monde. Ce qui est perdu en originalité, y est gagné en
fiabilité et en flexibilité,
un projet pouvant être enregistré à plusieurs
endroits
ayant le même design
sonore. Tom Headly a aussi conçu le studio CINAR sur la rue
Saint-André à
Montréal, près de Sainte-Catherine. Ce modèle de
studio avec son acoustique
appréciée en musique populaire, à
l´avant-garde pour l´époque, a été
adopté par
les trois fondateurs, François Cousineau, Bernard Scott et Yves
Lapierre. Le
studio d'André Perry sur Amherst ne disposait pas d´une
acoustique aussi
soignée, ce
qu´il corrigera à Morin Heights. Tous ces musiciens ont
amené avec eux une
clientèle dès le début des opérations.
Michel Éthier, Michel Lachance, et Ian
Terry, les trois premiers chef ingénieurs du son,
s´ajoutent à l´équipe.
Le studio
Tempo acquiert un 24 pistes assez tôt dans son histoire.
En 1976, devant
des rumeurs d´expropriation, le studio Tempo
déménage à Pointe Saint-Charles,
dans un ancien cinéma. La console Neve est remplacée par
une console britannique
faite sur mesure. Ian Terry devient ingénieur du son en chef et
participe à la
configuration du studio et de la console. Le studio Tempo a
ensuite
été acheté par Modulations pour la
postproduction sonore en audiovisuel.
Collaborateurs :
Michel Éthier a
travaillé chez RCA, chez André Perry et chez Tempo,
développant une réputation de rapidité et
d´efficacité. Il a été le premier
québécois à recevoir un Juno. Michel
Lachance est
devenu chef ingénieur pour
le studio Tempo, puis
réalisateur. Il est un
des premiers preneurs de son engagé par
André Perry dans son
premier studio. Il a
aussi travaillé chez Stereo Sound.
Doté d´une grande
sensibilité musicale, il a concocté pendant plus
d´un an
l´un des albums les plus
peaufinés de l´histoire du disque au Québec,
l´Heptade d´Harmonium. Ian
Terry, d´abord engagé par André Perry, a
été
assistant de Michel Lachance chez Tempo, un an
après l´ouverture de ce studio. Il est devenu responsable
technique en 1976. Ian Terry a enregistré et
réalisé
plusieurs albums de musiciens d´ici. Entre 1985 et 2000, il
s´est consacré au
jazz, enregistrant 135 disques pour l´étiquette Justin
Time, aux studios Tempo,
Victor, ainsi qu´aux États-Unis. Plusieurs techniciens ont
débuté comme assistants chez
Tempo, dont Billy Szawlowski
et Pierre Pagé, devenu un preneur de son renommé et un
réalisateur de plusieurs
albums de vedettes au Québec. Billy Szawlowski, excellent
guitariste, a succédé
à Ian Terry comme réalisateur d´April Wine et de
Mahoganny Rush.
Studio
Victor (Studio Son
Soleil)
Voir Studios
de
RCA Victor
Le plus vieux studio encore en opération à
Montréal a été construit par RCA en 1943, à Saint-Henri,
dans un local adjacent à
l’usine. Ce vaste studio
à la fine pointe de la technologie de
l’époque est
doté d’une excellente
acoustique, grâce à des panneaux en bois ondulés.
Il s’agit de l’actuel studio
Victor qui abrite aussi le Musée
des ondes Berliner
consacré aux appareils de reproduction et d’enregistrement
sonore. Ce studio a
été détourné de sa fonction première
de 1958 à 1985, servant alors de lieu pour la
conception d´un satellite, puis d´entrepôt chez RCA.
Abandon de
l´ancien studio RCA transformé en entrepôt avant la
revitalisation
par le studio Victor (53´´) – Michel Descombes,
enregistré en 1993
Avant de se lancer dans la
revitalisation de ce studio en 1985, les frères Pilon ont
fondé au début des
années 1980 le studio Son Soleil à Saint-Henri, dans un
sous-sol. Le nouveau
studio Victor a acquis une réputation enviable ici et à
l´étranger, notamment dans
les
enregistrements qui exigent une acoustique de qualité optimale.
L´entreprise possède deux studios et une salle de
matriçage (mastering).
Studios
de RCA Victor
Voir Studio
de Herbert Berliner
Voir Studio Victor
Voir Studio
Marko
Construction
par RCA de quelques studios partout dans le monde avec le même
plan que celui
acquis par Marko
(1´15´´) – Martin Cazes, enregistré en 2006
Depuis 1903, la multinationale RCA Victor a offert toute la gamme
de services permettant de mettre en marché les enregistrements
sonores. Plusieurs compagnies ont occupé les
locaux de l´usine Berliner. Victor
Talking Machine
Company achète la Berliner Gramophone Company of
Canada et sa filiale His Master’s Voice en 1924. Victor avait l’œil sur
l’usine de Montréal, concurrente de l’usine de Camden au New
Jersey. Avant
qu’Herbert Berliner ne fonde Compo (voir Studio
de Herbert Berliner), la compagnie Victor
n´apprécie guère l’essor des disques canadiens, au
détriment de ceux pressés
aux États-Unis. Victor
publie commercialement le premier enregistrement
électrique en 1925. En 1929, la compagnie Radio
Corporation of America (RCA) acquiert à Montréal la
Victor Talking Machine Company et devient la RCA – Victor.
En 1943, un
vaste studio à la fine pointe de la technologie de
l’époque est construit par
RCA Victor à Saint-Henri, dans un local adjacent à
l’usine (voir Studio Victor).
En 1949, RCA
Victor lance le 45 tours, dont ses séries en vinyle rouge, jaune
ou vert. D’abord conçu
pour
concurrencer le 33 tours, RCA adopte ce format pour la musique
classique, et
destine le 45 tours aux succès populaires. Dans les
années 1950, la demande
commence à se diversifier avec le boom
économique de l’après-guerre et l’affirmation d’une
génération qui s’imprègne à
fond de la société de consommation. Lors
de cette décade, RCA Victor ouvrira un autre studio, à
proximité de l´actuel
station de métro Guy-Concordia, consacré à
l´enregistrement de la musique
populaire et à la publicité.
Description
du studio RCA sur la rue Guy en 1965 environ
(1´14´´) – Michel Descombes, enregistré en 1993
L´essor de
l´entreprise à Montréal se poursuit,
obligeant en 1967 la compagnie à construire un autre
studio à la fine pointe des développements acoustiques et
techniques (voir Studio
Marko), sur la rue La
Gauchetière. RCA
acquiert un magnétophone Ampex 350 trois pistes. RCA continue
d´être la pierre
angulaire de l´industrie du disque, offrant des services de
gravure, de
matriçage (mastering) et de pressage, contrairement aux
autres studios
concurrents. À partir
de la fin des années 1950, les
studios indépendants profitent de la concurrence entre RCA et
London pour la
gravure et le matriçage (mastering) des disques (voir Salles
de
matriçage (mastering) RCA, London, SNB et
RSB).
Service
de gravure des disques offert par RCA aux studios montréalais
(1´16´´) – David P.
Leonard, enregistré en 2006
Studio
RCA sur La Gauchetière avec un 8 pistes
(32´´) - Gilles Valiquette, enregistré en 2006
Nouveau
magnétophone 24 pistes au studio RCA sur la rue La
Gauchetière
(23´´) – Bernard Tremblay, enregistré en 1993
Michel
Descombes travaille pour la compagnie RCA de Montréal de 1964
à 1967. Il
commence à faire du matriçage (mastering) au
studio situé sur la rue Guy
de Montréal, puis devient assistant-technicien de studio
où il prépare les
sessions d'enregistrement. Dès 1965, il travaille, avec son
collègue Bernard
Tremblay, à la prise de son et au mixage de nombreux artistes de
la période
yé-yé (Pierre Lalonde, Joël Denis, les Classels, les
Baronets, Tony Roman). En 1965, on travaille encore en monophonie, sans
technique
multipiste et système de réduction de bruit. On se sert
d'égalisateurs, de
compresseurs et de chambres d'écho pour accentuer ou
créer de l'effet sonore.
Les transformations technologiques majeures proviennent de Toronto et
surtout de
New York. Durant ces années, le
studio RCA de Montréal faisait alors
figure de parent pauvre, héritant de la technologie
déjà utilisée
auparavant.
Préparation
typique d´une séance d´enregistrement au studio RCA
au milieu des années 1960
(1´40´´) - Bernard
Tremblay, enregistré en 1993
Chambre
d´écho chez RCA en 1965
(28´´) – Michel Descombes, enregistré en 1993
Avec
l´exemple de la compagnie Sun et la découverte
d´Elvis Presley, les multinationales
s´aperçoivent qu´il est
parfois rentable d´enregistrer à l´extérieur
de leurs grands studios.
Les studios
indépendants émergent alors pour répondre à
une
approche plus personnalisée et
innovatrice. Dans les années 1960, Harry Bragg dirige le studio RCA,
très
performant techniquement
parlant mais avec une atmosphère un peu froide. Le studio
dispose d´un
magnétophone huit pistes.
Attrait
des studios indépendants à cause de la sclérose
des grands studios tel RCA
(1´31´´) – David P.
Leonard, enregistré en 2006
Salles de
matriçage (mastering) RCA, London, SNB et
RSB
Très tôt à
Montréal, on dispose de lieu de fabrication des disques et de salles de
matriçage (mastering). RCA Victor tient le haut du pavé
jusqu´aux années 1950. Vers 1948, le
studio Layton Brothers, au 1170 de la rue Sainte-Catherine Ouest, offre
aux
musiciens l´alternative
moins coûteuse de graver
directement sur le disque. Le résultat n´est toutefois pas
aussi professionnel.
L´ingénieur de ce
studio, John Bradley, devient responsable du matriçage
(mastering) chez
Compo à Lachine puis chez London à Montréal.
Bradley avait travaillé
auparavant pour les fils de Berliner dans les années 1930.
Dans les années 1950, la demande
commence à se diversifier avec le boom
économique de l’après-guerre. Entre 1950 et 1960, 18 nouvelles
étiquettes se disputent le marché
québécois. RCA
continue
d´être la pierre
angulaire de l´industrie du disque, offrant des services de
gravure, de
matriçage (mastering) et de pressage, contrairement aux
autres studios
concurrents.
Lionel
Parent fut un des graveurs renommés chez RCA. Selon
Jean-Paul Séguin, ouvrier et syndicaliste à l'usine RCA
Victor à Montréal, le
département des disques fonctionne jour et nuit dans les
années 1950. Il y a de 25
à 30 presses. 1000
à 1200 disques par jour sont produits pour chaque presse
assignée à une
personne. On travaille à la pièce et non à
l'heure, ce qui rend l´emploi très
exigeant et dur, car il fait très chaud l'été (on
donne des pilules de sel pour
la perte en transpiration). On procède par lot,
qui varie de 50 à plusieurs
milliers de disques. Il peut y avoir de sept à huit changements
de matrices par
jour.
En 1955, la
maison London s´établit à Montréal (nom
américain de
la maison britannique Decca),
d´abord à titre de distributeur sur la rue
Sainte-Catherine de produits
étrangers et locaux. London traite avec les compagnies
Philips-France, DSP,
Jupiter et Select notamment. En 1959, devant la vitalité de
l´industrie de
l´enregistrement sonore à Montréal, London installe
une usine de pressage et de
matriçage (mastering) qui fait concurrence à RCA.
Paul-Émile Mongeau,
anciennement du studio Stereo Sound, est en charge de la gravure et du
matriçage (mastering). Émile Lépine lui
succédera de 1965 à 1982. Plus
tard, Il
enseignera ce métier chez Trebas. Les systèmes
de gravure (tours à
disques, amplificateurs, burins, consoles) utilisés à
Montréal sont construits
à l´étranger par les compagnies Neumann, Decca,
Neve, RCA, Scully et Westrex.
En
1965, on gravait en mono pour les 45 tours, et parfois en
stéréo pour les 33
tours. Au Québec, la tendance dans la réalisation de
disques est d´imiter les
productions américaines. Par manque de connaissances et d´outils, on laisse
passer des sibilances et des petites distorsions dans les hautes
fréquences
ainsi que des effets de basses fréquences qui sont difficiles
à graver. Pendant
la décennie suivante, la situation se redresse rapidement. La
qualité des
techniciens et des équipements n´a alors souvent rien
à envier aux productions
étrangère.
Michel
Descombes commence à faire du matriçage
(mastering) au
studio situé sur la rue Guy
de Montréal pour
la compagnie RCA. Il
deviendra un des mixeurs de film parmi les plus respectés
à l´ONF, avec
Jean-Pierre Joutel. Il
décrit la technologie du matriçage (mastering ) comme un
«gramophone à
l'envers». C'est-à-dire qu'on envoie le son dans le disque par
un burin qui
vibre dans le sillon en
fonction de l'amplitude.
Le travail de graveur demande à être très vigilant
lors des variations brusques
de fréquences. Il faut un produit parfait, car la
matrice sert à la multiplication à grande
échelle.
Émile
Lépine, graveur et technicien
responsable du matriçage (mastering) chez London, chez SNB et
chez RSB à
Montréal, commente en profondeur les diverses
étapes de la gravure des disques (voir Procédés
de gravure des disques).
Dans les années 1980, SNB
devient peu à peu une des compagnies de
matriçage (mastering) les plus importantes,
parmi les trois meilleures en Amérique du Nord. Les derniers
appareils de
gravure de disques vinyle sont nettement plus automatisés
qu´avant. L´avènement
du disque audionumérique transforme le
métier de graveur. La gravure
disparaît peu à peu. Le mastering devient de plus
en plus sophistiqué.
D´abord conçu pour réduire le bruit de
fond, le mastering ajoute maintenant un vernis au mixage
final. Il permet des
ajustements globaux pour assurer la cohérence de niveaux, de
l´égalisation et
des autres paramètres à l´ensemble du disque.
Renée Marcaurelle a acquis une
solide réputation dans le domaine. SNB possède
un espace acoustique consacré au mastering et un
équipement de transfert numérique à la fine pointe
de la technologie
actuelle. L´usine
de pressage
des disques audionumériques n´altère plus le son
obtenu après le mastering,
contrairement à la période analogique.
Dans les
années 1990, avec
l´avènement de la technologie numérique, plusieurs
studios de réalisateurs
voient le jour, sans espace dédié à
l´enregistrement sonore. Suite
à la démocratisation des
équipements, les musiciens aussi acquièrent des studios
domestiques. Les studios semblent de plus en plus
lorgner vers les services de matriçage (mastering), offrant
aux
musiciens des équipements
de pointe afin de compléter et
d´améliorer une session amorcée à la maison.
Les studios Karisma et Victor notamment se
sont notamment lancés dans cette aventure.

Salle
de gravure chez London (amplificateur
Neumann VG74), 1982
|
* Photographies des
collections de la Phonothèque québécoise,
de Bibliothèque et
Archives
nationales du Québec, des archives des studios et des archives
personnelles des
invités





Studios
de l'ONF, 2006




Studio
12 de Radio-Canada, 2006

Ancien
magnétophone 24 pistes du studio 270, 2006

Studio
270, 2006
Compilation
de groupes auto-produits
Studio
près du carré Amherst , 1972
Studio
à Morin Heights lors de la vente, 2003 circa
Studio
à Morin Heights
André
Perry et Nick Blagona au studio à Morin Heights
Nick
Blagona au studio à Morin Heights
Premier
système numérique au studio à Morin Heights
Archives de Nick Blagona
Studio
à Morin Heights lors de la vente, 2003 circa
Premier
local de Berliner à Montréal acceuillant quatre presses
Usine
de Berliner à Montréal
Usine
de RCA Victor à Montréal
Herbert
Berliner à l'usine Compo près de Montréal

David P.
Leonard, directeur
de l´Institut
Trebas
Studio de l'Institut Trebas, 2006



Studio du collège MusiTechnic, 2006
Studio Karisma, 2006
Harrison Pond
dans son studio, 1938
Collections de
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ),
Fonds Conrad Poirier
Studio Leonard, 1963
Archives personnelles de David
P. Leonard
Studio Marko, 2006
Studio Piccolo,
années 2000
Studio Tempo
original, Archives de Billy
Szawlowski
Console Neve au studio Tempo, Archives de Billy Szawlowski
Billy Szawlowski derrière la console
Neve au studio Tempo, Archives de Billy Szawlowski
Billy Szawlowski et Ian Terry lors d'un
enregistrement d'April Wine
Archives de Billy Szawlowski
Studio
Marko :
similitudes
entre les studios Marko et Victor conçus par RCA, 2006
Studio
Victor : similitudes
entre les studios Marko et Victor conçus par RCA,
Studio
Victor avant son abandon temporaire
Studio
Victor, années 2000 circa
Opérateur chez RCA (gravure), 1948 circa
Collections de
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ),
Fonds Conrad Poirier
Techniciens
chez RCA (gravure), 1948
Collections de
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ),
Fonds Conrad Poirier
Techniciens
à la régie chez RCA, 1948
Collections de
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ),
Fonds Conrad Poirier
Fabrication
des disques chez RCA, 1948
Collections de
Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BANQ),
Fonds Conrad Poirier
Usine de
pressage chez London, 1966
Usine de
pressage chez London, 1966
Émile
Lépine chez SNB, 1982
Émile
Lépine chez London, 1982
Salle de
gravure chez London, 1982
* Photographies des
collections de la Phonothèque québécoise,
de Bibliothèque et
Archives
nationales du Québec, des archives des studios et des archives
personnelles des
invités
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